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Monde Rentrer chez soi ou rester en sécurité : au Nigeria, l'impossible choix des déplacés de Boko Haram

15:10  13 avril  2021
15:10  13 avril  2021 Source:   francetvinfo.fr

Nigéria: Des hommes armés libèrent plus de 1.800 prisonniers

  Nigéria: Des hommes armés libèrent plus de 1.800 prisonniers Nigéria: Des hommes armés libèrent plus de 1.800 prisonniers © Reuters/David Dosunmu NIGÉRIA: DES HOMMES ARMÉS LIBÈ par Tife et Owolabi YENAGOA, Nigeria (Reuters) - Plus de 1.800 détenus se sont échappés d'une prison nigériane située dans la ville d'Owerri, dans le sud-est du pays, après une attaque menée par des hommes armés de grenades lancées par roquette, de mitrailleuses, d'explosifs et de fusils, a fait savoir l'administration pénitentiaire.

Menacées par les violences, deux millions de personnes ont quitté la région du lac Tchad. Elles survivent dans des camps informels sans aucune aide.

  Rentrer chez soi ou rester en sécurité : au Nigeria, l'impossible choix des déplacés de Boko Haram © Fournis par franceinfo

Des journalistes de l'AFP se sont rendus à Maiduguri, la grande ville du nord est du Nigeria. Plus d'un million de déplacés qui ont fuit les violences de Boko Haram y vivent dans des conditions d'extrême précarité. Voici leur reportage.

"Boko Haram était dans ma maison", raconte la petite Aïsha, trois ans, en fronçant les sourcils. Elle est assise sur une natte aux côtés de sa mère, dans un camp insalubre de Maiduguri, la grande ville du nord-est du Nigeria.

Le président du président du Nigéria, Buhari décrit une pause de prison qui a libéré près de 2000 détenus comme «acte de terrorisme»

 Le président du président du Nigéria, Buhari décrit une pause de prison qui a libéré près de 2000 détenus comme «acte de terrorisme» près de 2000 détenus s'est libéré d'une prison du sud-est du Nigéria lundi après que les hommes armés envahissaient le site et ont utilisé des explosifs pour exploser des parties de la prison, a déclaré les autorités. . © David David Dosunmu / AP Les véhicules brûlés sont garés à l'extérieur du quartier général de commandement de la police à Owerri, au Nigéria, le lundi 5 avril 2021.

La petite fille s'est immobilisée de peur lorsqu'elle a vu les jihadistes arriver dans son village près de Dikwa en mars, mais sa mère l'a attrapée et a réussi à s'enfuir.

Ce n'était pas la première fois que Hadiza, cette mère de famille de 25 ans, devait fuir sa maison pour rejoindre la capitale de l'Etat du Borno, foyer de la rébellion jihadiste depuis plus de 10 ans. Il y a plusieurs années déjà, elle était venue grossir les flots de déplacés, estimés à plus de 2 millions de personnes dans la région du lac Tchad, et plus d'un million dans la seule ville de Maiduguri.

Mais les autorités lui avaient garanti qu'elle pouvait rentrer à Dikwa, reprendre ses cultures de haricots secs et de légumes.

La première fois, c'était Boko Haram qui les avait forcées à partir. Cette année, le 2 mars, ce sont des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) qui ont attaqué la ville-garnison. Mais pour la petite Aïsha et sa mère, c'est la même chose. Les deux groupes tuent, kidnappent et violent. "Je veux plus jamais retourner là-bas", souffle Amina, une femme d'une cinquantaine d'années, le regard fuyant.

Nigeria: 4 morts dans une attaque jihadiste contre des installations humanitaires

  Nigeria: 4 morts dans une attaque jihadiste contre des installations humanitaires Le calme était revenu dimanche à Damasak, une ville du nord-est du Nigeria, où une attaque jihadiste contre des installations humanitaires a fait au moins quatre morts, a-t-on appris de sources militaire et humanitaires. Des dizaines de combattants jihadistes ont lancé samedi soir une attaque sur Damasak, dans l'Etat de Borno, où ils ont incendié des installations humanitaires et le poste de police. L'attaque, la deuxième à viser une des neuf bases humanitaires des Nations unies dans ce pays en un peu plus de deux mois, a fait au moins quatre morts et quatre blessés, selon les mêmes sources.

Désengorger les camps

L'Etat du Borno, à genoux économiquement et socialement, accueille 80% des déplacés du conflit, dont l'immense majorité a très peu d'accès aux premières nécessités.

A Yawuri, un camp informel en bordure de Maiduguri où s'entassent près de 2 000 personnes, les conditions de vie sont épouvantables : il n'y a ni école, ni clinique, ni distribution alimentaire. Juste un abri, de l'eau et de la farine de mil et de la sauce-feuilles.

"Il n'y a rien à manger. On passe parfois 24 heures sans rien trouver à manger", raconte Balu Modu. Et pourtant, malgré cette immense précarité, les conditions sont toujours meilleures que dans son village, où la faim se double de l'insécurité.

Le gouvernement de l'Etat promet depuis des années qu'il va désengorger les camps et aider les déplacés à regagner leur foyer, à travers le programme "retour volontaire, relogement et réintégration". Il prévoit de reloger "au moins 50% des déplacés d'ici 2022 et qu'il n'y ait plus de camps d'ici 2026", selon un document officiel consulté par l'AFP.

7 ans sur, plus de 100 filles de Chiboks roulaient toujours

 7 ans sur, plus de 100 filles de Chiboks roulaient toujours sept ans après des centaines d'écolières ont été enlevées par les djihadistes de Boko Haram à Chibok, au nord-est du Nigéria, plus de 100 restent disparus, a déclaré mercredi Amnesty International mercredi. © - Plusieurs autres kidnappings de masse ont eu lieu depuis l'enlèvement de chibok 2014.

La ministre locale des Affaires humanitaires assure que le gouvernement offre de la nourriture et de l'argent liquide pour aider à l'installation, ou aide les personnes à trouver un logement décent à Maiduguri à hauteur de 200 euros environ. "Nous ne renvoyons personne tant que l'armée ne nous a pas donné le feu vert et que la zone est sécurisée", affirme-t-elle.

"Envoyés à la mort"

Ce n'est toutefois pas ce qu'observent les humanitaires qui travaillent dans la région."Ils forcent des gens à retourner dans des villes qu'ils ne sont pas en mesure de protéger", assure l'un d'eux. "C'est de la folie, ils les envoient à la mort".

L'année dernière, "4000 personnes ont été réinstallées à Baga dans d'immenses convois. Mais les rebelles sont toujours là-bas, donc les gens sont revenus" à Maiduguri, ou dans les quelques villes protégées, en empruntant des routes dangereuses, indique une autre source humanitaire. Les cultures, seul moyen de subsistance dans ces régions, sont pillées, les villages mis à sac et le risque d'enlèvements, notamment des femmes, reste très élevé.

"Des gens continuent à affluer ici, et ce ne sont pas des petites vagues de population", confie la deuxième source humanitaire. "On parle de groupes de plusieurs milliers de personnes".

Car tant qu'il y aura des violences, il y aura des déplacés, et la capitale du Borno, Maiduguri, sera sous pression. Le gouverneur, Babagana Umara Zulum, a demandé aux généraux de l'armée qui viennent de prendre leurs fonctions de mettre en place "des nouvelles stratégies offensive" pour sortir de l'enlisement.

"Tant que la rébellion ne sera pas totalement et absolument éradiquée, tous nos efforts pour améliorer le quotidien de notre population seront futiles", a-t-il déclaré.

Le 12 avril encore, des gens continuaient à affluer vers Maiduguri après l'attaque d'un camp humanitaire à Damasak deux jours avant, revendiquée par l'Iswap.

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usr: 2
C'est intéressant!