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Monde Human Rights Watch qualifie d’« apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens

19:45  27 avril  2021
19:45  27 avril  2021 Source:   nouvelobs.com

Des affrontements violents à Jérusalem Après l'extrême droite israélienne mars

 Des affrontements violents à Jérusalem Après l'extrême droite israélienne mars Plus de 100 Palestiniens et 20 Policiers israéliens ont été blessés dans des affrontements violents du jour au lendemain qui s'ensuivaient après l'extrême droite d'Israéliens de la Jérusalem occupé, chantant "la mort aux Arabes". © La police a déclaré dans une déclaration selon laquelle 50 arrestations ont été faites, mais ne précisait pas si celles-ci ont été arrêtées ...

  Human Rights Watch qualifie d’« apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens © Copyright 2021, L'Obs

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a qualifié ce mardi 27 avril d’« apartheid » la politique d’Israël à l’égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les territoires occupés, une accusation farouchement contestée par l’Etat hébreu.

« Si Israël nous propose des conditions injustes, arbitraires et indignes, alors oui, nous les refusons »

Avant même la publication du rapport de l’ONG, le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi en le qualifiant auprès de l’AFP de « tract de propagande » sans lien « avec les faits ou la vérité sur le terrain » et rédigé par une organisation mue « de longue date par un agenda anti-israélien ». De son côté, l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a qualifié ce rapport de « témoignage fort et crédible des souffrances des Palestiniens ».

Plus de 120 blessés dans des heurts nocturnes à Jérusalem

  Plus de 120 blessés dans des heurts nocturnes à Jérusalem Plus de 120 personnes ont été blessées dans la nuit de jeudi à vendredi à Jérusalem, lors de heurts impliquant des juifs d'extrême droite, des Palestiniens et des policiers. 1/15 DIAPOSITIVES © Ammar Awad / Reuters Plus de 120 personnes ont été blessées dans des heurts à Jérusalem, dans la nuit du 22 au 23 avril 2021. Plus de 120 personnes ont été blessées dans des heurts à Jérusalem, dans la nuit du 22 au 23 avril 2021. 2/15 DIAPOSITIVES © Ammar Awad / Reuters Plus de 120 personnes ont été blessées dans des heurts à Jérusalem, dans la nuit du 22 au 23 avril 2021.

« Domination délibérée »

Ces derniers mois, des ONG israéliennes comme B’Tselem avaient commencé à utiliser le terme d’« apartheid » pour désigner les politiques d’Israël à l’égard des Arabes israéliens (descendants des Palestiniens étant restés sur leurs terres après la création de l’Etat hébreu) et des Palestiniens de Cisjordanie, Gaza et de Jérusalem-Est.

Mais c’est la première fois qu’une grande ONG internationale de défense des droits humain qualifie cette politique « d’apartheid ».

Cisjordanie : l’annexion de facto

« Sur la base de ses recherches, Human Rights Watch conclut que le gouvernement israélien maintient une domination délibérée de la population juive israélienne sur les Palestiniens à travers Israël et les territoires occupés », souligne le rapport.

Après de nouveaux heurts, la police israélienne rouvre l'accès aux abords de Jérusalem-Est

  Après de nouveaux heurts, la police israélienne rouvre l'accès aux abords de Jérusalem-Est Les Palestiniens ont, depuis dimanche soir, accès à une promenade aux abords de la Vieille ville de Jérusalem. Des barrières métalliques ont été retirées, mais une forte présence policière persiste. Cette mesure est destinée à apaiser les tensions de ces derniers jours et les derniers affrontements. Les forces israéliennes tentent d'apaiser les tensions avec les Palestiniens. La police israélienne a autorisé, dimanche 25 avril au soir, les Palestiniens à pouvoir de nouveau accéder à une promenade aux abords de la Vieille ville de Jérusalem, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des actes « inhumains »

Lorsque cette « domination délibérée », s’ajoute à une « oppression systématique » et des « actes inhumains », « il s’agit du crime d’apartheid », conclut HRW qui dit se fonder sur la définition légale de l’apartheid et non sur une comparaison avec la politique raciale autrefois en cours en Afrique du Sud.

« Depuis des années, nous disons que nous sommes proches de l’apartheid (en Israël/Palestine), et je crois qu’il est maintenant clair que le seuil a été franchi », a déclaré à l’AFP Omar Shakir, auteur de ce rapport de 200 pages.

Ce « seuil » a été franchi ces dernières années avec l’essor des colonies israéliennes à Jérusalem-Est, portion orientale de la Ville Sainte annexée par Israël, et en Cisjordanie occupée, où vivent désormais au total près de 700 000 colons, souligne Omar Shakir, estimant que les colonies israéliennes qui devaient être « temporaires » sont devenues des constructions « permanentes » faute d’accord sur la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Pour Human Rights Watch, Israël commet un "crime d'apartheid" contre les Palestiniens

  Pour Human Rights Watch, Israël commet un L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a qualifié "d'apartheid" la politique d'Israël à l'égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les territoires occupés, dans un rapport publié mardi. © REUTERS/Raneen Sawafta L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a qualifié "d'apartheid" la politique d'Israël à l'égard des Arabes sur son sol et des Palestiniens dans les territoires occupés, Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi avant même cette publication, estimant auprès de l'AFP qu'il s'agissait d'u

« Persécution »

La décision de HRW d’utiliser un terme aussi chargé qu’« apartheid », mais aussi de qualifier de « persécution » la politique israélienne envers sa minorité arabe et les Palestiniens, intervient quelques semaines après la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur des crimes présumés commis par Israël depuis 2014 dans les territoires occupés.

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Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait qualifié « d’antisémite » la décision de la CPI. Disant prendre « toutes les précautions pour minimiser les pertes civiles » dans son combat face à des groupes armés palestiniens, Israël mène aussi une campagne diplomatique, afin de convaincre des pays occidentaux de le soutenir face à la CPI.

La décision de la CPI d’aller ou non de l’avant avec cette enquête, qui comprend un volet sur l’expansion des colonies, est désormais entre les mains du futur procureur Karim Khan qui doit succéder à la mi-juin à Fatou Bensouda.

Demande d’une enquête internationale

HRW a appelé le futur procureur à « s’en tenir aux faits », « mener une enquête indépendante » et « traduire en justice les personnes impliquées dans des crimes sérieux, incluant ceux d’apartheid et de persécution », a indiqué Omar Shakir, actuellement en Jordanie, d’où il s’est entretenu avec l’AFP en visioconférence, après avoir été expulsé d’Israël en novembre 2019.

Human Rights Watch exige une action contre Israël pour «crimes contre l'humanité»

 Human Rights Watch exige une action contre Israël pour «crimes contre l'humanité» Ottawa - une organisation internationale des droits de l'homme appelle au gouvernement Trudeau de prendre des mesures contre des "crimes contre l'humanité allégués par le gouvernement israélien. © Fourni par la Presse canadienne La demande de Human Rights Watch vient parallèlement à un nouveau rapport du Groupe qui accuse les autorités israéliennes de discrimination méthodiquement à l'encontre des Palestiniens au sein d'Israël et de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

L’ONG, dont le siège est basé à New York, exhorte aussi l’ONU à mettre sur pied une « commission d’enquête internationale » sur la situation en Israël et dans les territoires, et les Etats étrangers à ne « pas être complices » de la politique israélienne envers les Palestiniens, sans toutefois les appeler à boycotter l’Etat hébreu, souligne Omar Shakir.

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A ce propos, HRW appelle aussi l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas à « cesser sa coordination sécuritaire » avec l’Etat hébreu, afin de ne pas être elle-même « complice » de « l’apartheid ».

Le président Abbas avait suspendu pendant des mois l’an dernier sa coopération sécuritaire avec Israël, ce qui avait mené à un gel des transferts des taxes douanières perçues par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne qui s’est, elle, retrouvée privée de fonds pour payer les salaires de ses fonctionnaires.

Mardi, l’Autorité palestinienne n’a pas commenté la recommandation de mettre un terme à sa coordination sécuritaire avec l’Etat hébreu, mais plutôt appelé la communauté internationale à « intervenir » pour ne pas être « complice » de la politique israélienne dans les territoires, incluant à Jérusalem-Est, théâtre ces derniers jours de manifestations de jeunes palestiniens.

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usr: 1
C'est intéressant!