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Monde Cinq questions sur la station spatiale chinoise, dont la première brique vient d’être mise en orbite

20:15  29 avril  2021
20:15  29 avril  2021 Source:   ouest-france.fr

La Russie planifie sa propre station spatiale en 2025

 La Russie planifie sa propre station spatiale en 2025 comme des tensions mijoter entre la Russie et un certain nombre de pays occidentaux sur le terrain, le chef de l'agence spatiale russe a annoncé que le travail a commencé sur une station spatiale à part entière.

Le lancement de la fusée propulsant le premier élément de la station spatiale chinoise, jeudi 29 avril 2021, sur l’île de Hainan. © STR / AFP Le lancement de la fusée propulsant le premier élément de la station spatiale chinoise, jeudi 29 avril 2021, sur l’île de Hainan.

La Chine a lancé, ce jeudi 29 avril, le premier des trois éléments constitutifs de sa station spatiale baptisée « Palais céleste ». Il y a donc désormais deux stations en orbite autour de la Terre, avec l’ISS où se trouve l’astronaute français Thomas Pesquet. Le signe d’une nouvelle ère ?

Ils avaient tous le nez en l’air. Des centaines de passionnés se sont rassemblés sur les plages qui entourent le centre de lancement de Wenchang, sur l’île tropicale de Hainan, ce jeudi matin, dans le sud de la Chine.

La Chine lance le premier module pour la nouvelle station spatiale

 La Chine lance le premier module pour la nouvelle station spatiale La Chine a lancé le premier module de sa station spatiale "Palace céleste" jeudi, une étape importante dans le plan ambitieux de Beijing visant à établir une présence humaine permanente dans l'espace.

Devant leurs yeux et sur les écrans de leurs smartphones tenus à bout de bras, la fusée Longue-Marche 5B s’est élevée vers le ciel, dans un panache de fumée blanche. Le décollage était programmé à 11 h 18 (5 h 18 à Paris).

Moins de dix minutes plus tard, le module central Tianhe, propulsé par la fusée, était sur orbite, à près de 400 km au-dessus de nos têtes. Il constitue la première « brique » de la future station spatiale chinoise, baptisée Tiangong (« Palais céleste » en mandarin).

Une étape importante pour l’Empire du Milieu, qui compte bien prendre sa part dans la conquête de l’espace. Ouest-France revient en cinq questions sur cet événement spatial.

La Chine lance le premier module de sa future station spatiale

  La Chine lance le premier module de sa future station spatiale La Chine a procédé au lancement, jeudi 29 avril, du module central Tianhe, premier des trois éléments de sa station spatiale, la "CSS", dont la construction nécessitera jusqu'à fin 2022 une dizaine de missions. La Chine a lancé jeudi le premier des trois éléments de sa station spatiale, un projet ambitieux pour Pékin qui devrait lui permettre à terme d'avoir des astronautes en permanence dans l'espace. Le module central Tianhe ("HarmonieLa Chine a lancé jeudi le premier des trois éléments de sa station spatiale, un projet ambitieux pour Pékin qui devrait lui permettre à terme d'avoir des astronautes en permanence dans l'espace.

1. Combien de temps va durer la construction de cette station spatiale ?

Mesurant une quinzaine de mètres de longueur et pesant une vingtaine de tonnes, le module central Tianhe (« Harmonie céleste » en mandarin) est le premier des trois éléments qui formeront la station spatiale chinoise. Ce sera aussi le poste de contrôle. La construction de l’ensemble nécessitera une dizaine de missions dans l’espace étalée jusqu’à 2022 et dont certaines seront habitées.

Aucun calendrier précis n’a été publié pour ces missions, mais certaines sont déjà connues. Un vaisseau cargo, Tianzhou-2, devrait être lancé et s’arrimer au module central Tianhe a priori en mai.

Puis la mission habitée « Shenzhou 12 » doit emmener courant juin trois astronautes à bord, pour trois mois. Plus tard dans l’année, « Shenzhou 13 » en emmènera trois autres pour une durée de six mois, rapporte l’agence de presse chinoise Xinhua .

La Chine lance le premier élément de sa station spatiale

  La Chine lance le premier élément de sa station spatiale Ce module, baptisé « Tianhe », constituera le futur lieu de vie des astronautes. 

Une fois terminé, ce « Palais céleste » aussi appelé « CSS » en anglais, évoluera en orbite terrestre dite « basse », entre 350 et 450 km d’altitude, un niveau semblable à celui de la Station spatiale internationale (ISS) rejointe récemment par le Français Thomas Pesquet. À terme, la CSS devrait peser près de 100 tonnes. Elle offrira 100 m³ d’espace à ses occupants. pour vivre et travailler. Elle sera donc environ trois fois plus petite que l’ISS, dont le volume habitable est autour de 400 m3.

Davantage comparable à l’ancienne station spatiale russe « Mir » (1986-2001), la station chinoise a une durée de vie prévue entre 10 et 15 ans.

2. Qui montera à bord de la station spatiale chinoise ?

Dans un premier au moins, seuls des astronautes chinois, que l’on désigne aussi par le terme taïkonautes, séjourneront à bord. « Elle servira de base à des opérations de plus grande envergure : missions habitées vers la Lune, tourisme spatial, sciences spatiales ou encore applications concrètes pour les humains », indique Chen Lan, analyste du site GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

Les restes d’une fusée chinoise sont devenus incontrôlables et menacent la Terre

  Les restes d’une fusée chinoise sont devenus incontrôlables et menacent la Terre Les débris d’une fusée, lancée la semaine dernière pour installer la station spatiale chinoise, menacent de s’écraser sur Terre après une rentrée incontrôlée dans l’atmosphère. L’armée américaine s’est mobilisée pour intervenir. Les restes d’une fusée chinoise lancée la semaine dernière devraient atteindre la Terre ce week-end lors d’une rentrée dans l’atmosphère incontrôlée suivie par le commandement spatial américain, a déclaré l’armée américaine mercredi. Cette dernière s’est dite prête à intervenir.

Pékin s’est toutefois dit ouvert à des collaborations avec l’étranger. Des scientifiques chinois et de l’ONU ont d’ailleurs sélectionné des expériences de chercheurs étrangers, qui seront menées dans le « Palais céleste ». « Ces visiteurs réaliseront des expériences mais ils seront davantage des touristes que des partenaires dans le fonctionnement de la station, contrairement au rôle plus actif qu’ont les astronautes japonais et européens dans l’ISS », estime néanmoins Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l’astrophysique, aux États-Unis.

« La Russie et le Pakistan seront très probablement les premiers partenaires et pourraient être suivis par l’Agence spatiale européenne (ESA) », mais cette dernière collaboration est « très incertaine » car « le climat politique a beaucoup changé », note, de son côté, Chen Lan, en référence aux tensions autour du Xinjiang et de Hong Kong.

Si des astronautes étrangers monteront peut-être un jour dans la CSS, une chose est quasi certaine : aucun astronaute des États-Unis ne devrait être accueilli à bord. Une loi américaine interdit, en effet, toute coopération spatiale avec la Chine qui risquerait de créer un « transfert de technologies, de données, ou de toute information ayant des implications pour la sécurité nationale ou économique ».

Chine Remises Possibilité de préjudice de Falling Rocket

 Chine Remises Possibilité de préjudice de Falling Rocket Beijing (AP) - La Chine dit l'étape supérieure de sa longue fusée de mars 5B qui a lancé le module de base de sa station spatiale brûlera surtout de la rentrée, posant peu de menace pour les personnes. et propriété sur le sol.

3. Que représente ce lancement dans l’histoire spatiale de la Chine ?

Le président Xi Jinping a adressé dans un télégramme ses « chaleureuses félicitations » aux équipes techniques. Cette station spatiale naissante est un « projet de premier plan pour faire du pays une puissance des sciences, des technologies et de l’espace », a-t-il souligné. « Politiquement, cela symbolise le renforcement de la concurrence entre États-Unis et Chine », note l’analyse Chen Lan.

La station sera « une avancée majeure » pour la Chine, observe l’astronome Jonathan McDowell. « Cela devrait lui permettre d’avoir une présence humaine permanente dans l’espace et donc d’accroître de manière significative l’expérience de ses astronautes ». Car l’Empire du Milieu ne compte pour l’heure « que » 11 taïkonautes, signale le journaliste spécialisé Éric Bottlaender dans un article publié mercredi sur le site Clubic. C’est quatre fois moins que la Nasa, l’agence spatiale américaine. Les sorties extravéhiculaires en scaphandre qui pourront être réalisées pour assurer la maintenance de la station seront aussi une « relative nouveauté », souligne Éric Bottlaender, car la Chine n’en a réalisé qu’une seule dans son histoire.

Cette histoire spatiale chinoise est encore jeune. Après un premier satellite en 1970, ce n’est qu’en 2003 que le géant asiatique a envoyé son premier homme dans l’espace, Yang Liwei. À l’époque, la Chine était tout de même devenue le troisième pays, après l’URSS et les États-Unis, à envoyer un humain dans l’espace par ses propres moyens. Mais elle n’a jamais été associée à l’ISS, qui réunit les Américains, les Russes, les Européens, les Japonais et les Canadiens.

Fusée chinoise: retour (incontrôlé) sur Terre prévu ce weekend

  Fusée chinoise: retour (incontrôlé) sur Terre prévu ce weekend Un risque "faible" ou "infime" mais pas nul: une fusée chinoise doit faire ce weekend son retour incontrôlé dans l'atmosphère terrestre, la Chine et de nombreux experts jugeant toutefois minime l'hypothèse de dégâts sur Terre. En 2020, des débris d'une autre fusée Longue-Marche s'étaient écrasés sur des villages en Côte d'Ivoire, provoquant des dégâts, mais sans faire de blessés. En avril 2018, le laboratoire spatial chinois Tiangong-1 s'était désintégré lors de son entrée dans l'atmosphère, deux ans après qu'il eut cessé de fonctionner.

Depuis, elle cherche à construire la sienne. Pour y arriver, elle a d’abord lancé un petit module spatial, Tiangong-1 (« Palais céleste-1 »), placé en orbite en 2011. Il était notamment utilisé pour l’entraînement des astronautes et pour des expériences médicales. En 2013, la deuxième astronaute chinoise dans l’espace, Wang Yaping, y a donné un cours de physique, télédiffusé en direct pour des centaines de millions d’écoliers et de téléspectateurs sur Terre.

Tiangong-1 a cessé de fonctionner en mars 2016. Ce « laboratoire » était considéré comme une étape préliminaire dans la construction d’une véritable station spatiale. Autre date importante en 2013 : l’atterrissage sur la Lune du petit robot téléguidé « Lapin de jade », chargé notamment de prendre des photos. D’abord en panne, il a finalement été réactivé et a évolué sur la surface lunaire durant 31 mois.

En 2016, la Chine a lancé son deuxième module spatial, Tiangong-2. Les astronautes y ont réalisé des amarrages techniques. Mais Tiangong-2 a été volontairement désorbitée en 2019, après la perte de contrôle qui a conduit à la chute de Tiangong-1, qui a fini désintégré au-dessus du Pacifique en 2018.

Plus récemment, la mission Chang’e 5 a permis, en 2020, de rapporter sur Terre des échantillons de Lune – une opération inédite, tous pays confondus, en plus de 40 ans. La Chine avait également frappé un grand coup en janvier 2019 avec une première mondiale : l’atterrissage d’un robot téléguidé (le « Lapin de jade 2 ») sur la face cachée de la Lune.

4. La CSS constitue-t-elle une concurrence pour l’ISS ?

Avec ce « Palais céleste », il y a désormais deux stations spatiales autour de la Terre. De par sa taille et ses coopérations internationales pour l’instant limitées, la station chinoise n’a toutefois pas les moyens d’être une véritable concurrente de l’ISS, « qui est globalement plus mature et performante », estime l’astronome Jonathan McDowell.

La fusée chinoise va retomber sur Terre d’ici dimanche matin

  La fusée chinoise va retomber sur Terre d’ici dimanche matin Les restes d’une fusée chinoise Longue-Marche 5B doivent revenir dans l’atmosphère dans la nuit de samedi à dimanche. Les risques de dégâts sur Terre sont cependant minimes. Un risque « faible » voire « infime » mais pas nul : une fusée chinoise doit faire ce week-end son retour incontrôlé dans l’atmosphère terrestre, la Chine et de nombreux experts jugeant toutefois minime l’hypothèse de dégâts sur Terre.Le pays asiatique a placé le 29 avril sur orbite le premier module de sa station spatiale, grâce à une fusée porteuse Longue-Marche 5B – le plus puissant et imposant lanceur chinois.

Mais cette installation chinoise dans l’espace est suivie de très près, notamment aux États-Unis. En septembre 2020, le chef de la Nasa avait confié être « inquiet ». Les Chinois « sont rapidement en train de la promouvoir auprès de tous nos partenaires internationaux, dans lesquels nous avons tant investi », avait déclaré Jim Bridenstine. « Ce serait tragique, après tout ce temps et tant d’efforts, d’abandonner l’orbite terrestre basse et de céder ce territoire », avait-il ajouté.

Après plus 20 ans de présence humaine continue à son bord, la Station spatiale internationale, dont l’assemblage a commencé en 1998, fonctionne au plein de ses capacités. Elle a encore quelques belles années devant elle grâce notamment au retour des vols depuis les États-Unis avec SpaceX. Mais la question de son avenir devient de plus en plus prégnante. Son sort est aujourd’hui officiellement assuré jusqu’en 2024 par les gouvernements américain, russe, européens, japonais et canadien.

« D’un point de vue technique, nous avons validé que l’ISS pourra voler jusqu’en 2028 », a fait savoir la Nasa. Et elle « n’a identifié aucun problème qui empêcherait une extension au-delà de 2028 ». L’étude pour la période 2028-2032 devrait être lancée « plus tard cette année », a précisé en mars dernier Joel Montalbano, le directeur du programme de la station pour la Nasa.

Mais des critiques émergent, notamment sur le coût de cet outil à la fois politique et scientifique. Il pompe entre trois et quatre milliards d’euros par an. Sans parler d’un démantèlement qui coûterait énormément d’argent. Les Américains, qui payent la majeure partie de l’ISS, cherchent d’ailleurs à s’en désengager financièrement pour se concentrer sur l’exploitation lointaine vers la Lune et Mars. La Nasa veut pour cela développer les voyages privés dans l’ISS.

Contre plusieurs dizaines de millions de dollars par tête, des clients fortunés pourront notamment s’y rendre avec le taxi supersonique de SpaceX utilisé par Thomas Pesquet. « Mon espoir est que nous fassions voler la première mission d’astronautes privée en 2022 », a dit Joel Montalbano. L’entreprise privée américaine Axiom Space a justement annoncé le 26 janvier 2021 le lancement de sa première mission privée vers l’ISS pour janvier 2022. Baptisée « AX-1 », elle emportera quatre civils, dont un ancien astronaute.

5. D’autres stations spatiales sont-elles dans les tuyaux ?

Oui, la Russie est notamment dans la course. Elle a annoncé, le 20 avril dernier, son intention de construire le premier module de sa propre station spatiale d’ici 2025, en ouvrant la porte à désengagement de l’ISS. L’agence spatiale russe Roscosmos a la décision serait prise après 2024 « sur la base de l’état technique » de la station. Selon Moscou, l’état de l’ISS laisse à désirer, avec des modules qui « ont pratiquement atteint leur fin de vie ». Selon lui, la future station spatiale russe pourrait être placée à une orbite plus haute que l’ISS et servir de « point de transfert intermédiaire pour des vols à destination de la Lune ».

La société Axiom Space a aussi fait part de ses intentions de construire « la première station spatiale internationale commerciale », d’abord rattachée à l’ISS. Les premiers modules doivent être arrimés à la station spatiale internationale (ISS) au second semestre 2024 afin d’augmenter son volume utilisable. Quand l’ISS sera retirée du service, ce « segment Axiom » se détachera et deviendra alors la première station spatiale privée.

La fusée chinoise va retomber sur Terre d’ici dimanche matin .
Les restes d’une fusée chinoise Longue-Marche 5B doivent revenir dans l’atmosphère dans la nuit de samedi à dimanche. Les risques de dégâts sur Terre sont cependant minimes. Un risque « faible » voire « infime » mais pas nul : une fusée chinoise doit faire ce week-end son retour incontrôlé dans l’atmosphère terrestre, la Chine et de nombreux experts jugeant toutefois minime l’hypothèse de dégâts sur Terre.Le pays asiatique a placé le 29 avril sur orbite le premier module de sa station spatiale, grâce à une fusée porteuse Longue-Marche 5B – le plus puissant et imposant lanceur chinois.

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