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Sport Mondial : un psychodrame à l'espagnole et combien de victimes ?

19:05  13 juin  2018
19:05  13 juin  2018 Source:   liberation.fr

Mondial-2018: après le psychodrame en Russie, Lopetegui se défend

  Mondial-2018: après le psychodrame en Russie, Lopetegui se défend L'ex-sélectionneur de la "Roja", Julen Lopetegui, limogé mercredi dans un psychodrame qui a secoué l'Espagne juste avant le Mondial, s'est défendu jeudi et affirmé que son éviction avait été l'un des jours les "plus tristes" de sa vie.Arrivé tout sourire avec sa femme et ses trois enfants pour être présenté au stade Santiago-Bernabeu comme nouvel entraîneur du Real, Lopetegui a eu des sanglots dans la voix au moment d'évoquer le tremblement de terre qui s'est joué mercredi à Krasnodar, camp de base de la sélection espagnole au Mondial russe.

Julen Lopetegui dans le camp de base de Krasnodar, le 11 juin. © Pierre-Philippe MARCOU Julen Lopetegui dans le camp de base de Krasnodar, le 11 juin.

Froissé d'avoir appris presque inopinément que le coach de l'équipe nationale avait signé au Real Madrid, le président de la Fédération de football a décidé de le virer, à l'avant-veille de l'entrée en lice de la Selección.

On était venu à Krasnodar, à la veille de l’ouverture du Mondial et à deux jours de l’entrée en lice de l’Espagne (un des favoris de la compétition, contre le Portugal, vendredi, à Sotchi), pour s’entendre raconter en espagnol, en gros, que l’important serait les trois points. On a assisté à une cérémonie bizarre, tenant à la fois du psychodrame familial et d’une double mise en terre – celle des ambitions de l’équipe espagnole, plombées avant même le coup d’envoi du tournoi, et celle de son sélectionneur Julen Lopetegui, licencié au lendemain de l’annonce de sa nomination au poste d’entraîneur du Real Madrid.

Mondial-2018: après le psychodrame en Russie, Lopetegui présenté par le Real

  Mondial-2018: après le psychodrame en Russie, Lopetegui présenté par le Real L'ex-sélectionneur de la "Roja" Julen Lopetegui, limogé mercredi dans un psychodrame qui a secoué l'Espagne juste avant le Mondial, va être présenté jeudi en fin de journée dans son nouveau costume d'entraîneur du Real Madrid.Parti mercredi de l'aéroport de Krasnodar, camp de base de la sélection espagnole en Russie, lunettes sombres sur le nez et écouteurs dans les oreilles, il a atterri jeudi au petit matin à Madrid.

La presse nationale était déjà en surchauffe depuis mardi soir, quand le tout nouveau directeur de la Fédération espagnole de football, Luis Rubiales, lui a présenté sa plus belle tête d’enterrement, sur la place de Grève improvisée du stade FK Krasnodar où la Selección a établi son bivouac le temps du Mondial. Il avait été annoncé accompagné du sélectionneur dont l’absence, au final, tenait lieu de réponse affirmative aux rumeurs de licenciement improvisé, et ce dernier était alors déjà en train de plier bagage pour Madrid en compagnie de ses préparateurs physiques (on croit rêver), d’où il donnera sa vérité du plus fracassant prologue de Coupe du monde dont on se souvienne – une décapitation en place publique, pas moins.

Lopetegui: l'éviction de la "Roja", l'un des jours "les plus tristes de ma vie"

  Lopetegui: l'éviction de la L'ex-sélectionneur de l'Espagne Julen Lopetegui, limogé mercredi juste avant le Mondial, a déclaré jeudi en sanglots que son éviction avait été "le jour le plus triste de (sa) vie depuis la mort de (sa) mère"."Mais aujourd'hui est le jour le plus heureux de ma vie", s'est empressé d'ajouter Lopetegui, durant sa présentation comme nouvel entraîneur du Real Madrid.

Une question de politesse

A défaut, on a donc entendu la seule vérité de Rubiales, ancien joueur de seconde zone et tacleur mémorable élu il y a tout juste un mois à la tête du foot de son pays : Lopetegui a bossé dur, il a fait un travail extraordinaire pour obtenir le meilleur de son équipe. Très bien. Pourquoi le virer, donc ? «C’était une décision difficile» – et l’on imagine en effet qu’il n’est pas simple de limoger à l’avant-veille de l’entrée en scène un entraîneur invaincu à son poste (14 victoires et 6 nuls en vingt matchs et une qualification pour la Russie obtenue en jouant une symphonie les yeux fermés). «L’équipe d’Espagne est ce que nous avons de plus précieux et la Coupe du monde est tout ce que nous voulons. Nous nous sommes sentis obligés vis-à-vis du peuple espagnol de faire le meilleur choix pour ne pas le trahir, même si nous savons que nous serons critiqués, et que nous l’aurions été autant si nous avions fait l’inverse.» A-t-il le sentiment d’abîmer sa fédération et toute une nation de football dans le ridicule, s’énerve un journaliste ? «Je vais rester poli : ce qui se passe est très douloureux, mais ce que nous ne pouvons pas faire, c’est ne pas respecter nos valeurs.»

Mondial Jour 1 : les Russes à la rue, Terreur Graphique en crampons, les Bleus de 1930 en Uruguay

  Mondial Jour 1 : les Russes à la rue, Terreur Graphique en crampons, les Bleus de 1930 en Uruguay Le match Russie-Arabie Saoudite, 17 heures, TF1 et BeIN Sports C’est le jour J pour le Mondial avec une affiche d’ouverture pas des plus glamour. A 17 heures, coup d’envoi du premier match de la compétition, entre la Russie, dont le seul objectif raisonnable semble être de ne pas être le deuxième pays hôte (après l’Afrique du Sud en 2010) à sortir dès la phase de poule, et l’Arabie Saoudite. Ce qu’il faut savoir avant de déboucher sa première bière : - Pour les Russes, atteindre les huitièmes de finale serait déjà un exploit. C’est du moins l’opinion du rédacteur en chef du site Championat.com, interrogé par notre envoyée spéciale à Moscou Veronika Dorman.

Les valeurs : une question de politesse, justement. Cinq minutes avant l’annonce, mardi, de la nomination surprise de Lopetegui pour succéder à Zinedine Zidane sur le banc madrilène, Rubiales a reçu un appel de «quelqu’un» (le président du Real, Florentino Pérez, devine l’assistance) pour le prévenir. Ceux des joueurs de la sélection qui le reste de l’année gagnent honnêtement leur salaire et la Ligue des champions du côté de Madrid étaient déjà au courant – forcément : on n’aurait pas désigné le Basque Lopetegui, passé comme joueur par Madrid mais identitairement constitué à Barcelone, sans consulter le capitaine Sergio Ramos. Or le premier acte présidentiel de Rubiales avait été de prolonger tout sourire le contrat de son sélectionneur dans un souci de continuité. C’était le 28 mai, Zidane entraînait encore le Real – une éternité.

Glorieux marécage

On discerne sans mal quel enchevêtrement de conflits divers pouvait contenir l’éventuelle double casquette de Lopetegui : outre qu’il perdait ainsi la confiance des Barcelonais de son groupe qui l’avaient porté en poste, rien que la valorisation d’un type appelé à évoluer sous ses ordres la saison prochaine, en le faisant jouer au détriment d’un autre, aurait été sujette à débat. Mais à croire Rubiales, le problème était ailleurs, et n’eût été affaire que de forme – il n’aurait pas dû apprendre la trahison de son sélectionneur tandis que le communiqué du Real était déjà sous presse. C’est peut-être même vrai. Le jeune président du foot espagnol arrive en poste à la suite de trois décennies de système clientéliste et vastement corrompu, dont l’instruction est en cours. Il paie très cher pour établir son pouvoir sur le football de clubs ; alors que les équipes madrilènes et le Barça n’ont jamais tant gagné et été si riches, lui a été élu monarque d’un glorieux marécage.

Mondial 2018: l’Espagne se paie un psychodrame

  Mondial 2018: l’Espagne se paie un psychodrame A deux jours de son premier match de Coupe du monde face au Portugal, la sélection espagnole change de sélectionneur. Au lendemain de l’annonce de l’arrivée de Julen Lopetegui au Real Madrid, celui-ci a été limogé et remplacé par Fernando Hierro. Séisme, tremblement de terre, révolution (nous sommes en Russie !)… les expressions se bousculent déjà pour qualifier l’éviction du sélectionneur espagnol Julen Lopetegui à deux jours du premier match de l'Espagne dans la Coupe du monde 2018.Cette drôle d’histoire débute mardi 12 juin quand le Real Madrid annonce que le technicien de la Roja remplacera Zinedine Zidane sur le banc des Merengues la saison prochaine.

Lopetegui vient donc de vivre vingt-quatre heures intéressantes. Il aurait pu être champion du monde, il a désormais un mois de vacances pour méditer sur l’assaisonnement de ses séances d’entraînement sous haute influence Barça à la sauce madrilène. Quant à Fernando Hierro, son successeur intérimaire désigné dans la foulée, il avait certainement vu son heure venir avant même celui qui l’a nommé. Lui-même directeur sportif de la Fédération, il ne pouvait ignorer qu’il ferait figure de seul candidat sérieux à ce poste de pompier en chef : présent en Russie, il a les diplômes d’entraîneur (mais une expérience famélique comme coach), l’aura d’un ex-joueur génial, une légende écrite à Madrid propice à réconcilier avec la Fédération les tauliers du Real qui soutenaient Lopetegui, et un très beau sourire. En un mois de mission commando, il peut tout gagner, ou tout dilapider. Tout porte à croire que ce sont surtout ses joueurs – les Ramos, Iniesta ou Piqué, jouant là leur dernière couronne mondiale – qui détiennent la clé.

OFFICIEL : Fernando Hierro est le nouveau sélectionneur de l'Espagne .
​Journée agitée de l'autre côté des Pyrénées. Quelques heures après avoir licencié Julen Lopetegui, la Fédération Espagnole de Football vient d'introniser Fernando Hierro, nouveau sélectionneur de la Roja, par intérim durant le Mondial. Alors que la sélection espagnole prépare activement son entrée en lice dans la ​Coupe du Monde face au Portugal ce vendredi, un véritable coup de tonnerre s'est abattu ce matin. Julen Lopetegui a été démis de ses fonctions suite à sa nomination sur le banc du Real Madrid. La Fédération Espagnole de Football vient d'officialiser Fernando Hierro au poste de sélectionneur par intérim.

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