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Sport « C’est comme si l'on présentait une pièce de théâtre devant une salle vide »

09:50  23 octobre  2020
09:50  23 octobre  2020 Source:   sofoot.com

Les autorités d'Istanbul interdisent la pièce en langue kurde

 Les autorités d'Istanbul interdisent la pièce en langue kurde Les autorités turques ont interdit une pièce en langue kurde qui devait ouvrir mardi dans le théâtre municipal d'Istanbul pour la première fois en 106 ans d'histoire, ont déclaré les organisateurs à l'AFP.

Il savait d’ailleurs, par expérience, qu’elles éprouvaient pour lui, toutes, mondaines ou cabotines, un entraînement singulier, une sympathie instantanée, et il ressentait, de ne point connaître celles dont pourrait dépendre son avenir, une impatience de cheval entravé.

Le tour de vente de Denise arrivait. Justement, une cliente fut signalée. – La grosse de province, vous savez, murmura Marguerite. Allait-on l'empêcher de vendre? Toutes s'entendraient-elles, pour lui enlever ainsi les ventes sérieuses? La peur de l'avenir la prenait, elle se sentait écrasée entre tant

  « C’est comme si l'on présentait une pièce de théâtre devant une salle vide » © Fournis par Sofoot

On les voit peu, on ne les reconnaîtrait sans doute pas si on les croisait dans la rue, mais il nous suffit d'entendre le son de leur voix pour se sentir à la maison. Eux, ce sont les speakers de Ligue 1. Chargés depuis le début de la saison d'ambiancer des stades vides, ou à l'affluence fortement limitée, les « emcees » du football vivent un moment tout particulier dans leur carrière. Entre blues, vieux réflexes et motifs d'espoir, nous avons tendu le micro à six d'entre eux.

Le casting

Charlee Moss et François Vandewèghe, duo de speakers du LOSC depuis 2019 et le départ de l'immense Anne-Sophie Roquette.

Pandémie: pour les théâtres turcs en crise, l'arlésienne de l'aide publique

  Pandémie: pour les théâtres turcs en crise, l'arlésienne de l'aide publique Son théâtre situé dans le coeur d'Istanbul étant menacé de fermeture, Muharrem Ugurlu avait bon espoir d'obtenir une aide du gouvernement dans le cadre d'un plan de soutien à la culture contre la pandémie de coronavirus. A bout de souffle, plusieurs théâtres indépendants, comme l'emblématique Kumbaraci50, situé dans un quartier bohème d'Istanbul, jouent désormais leur survie. Les comédiens, démoralisés, "n'ont plus la force de dire: jouons, peu importe ce qu'il adviendra", confie une cofondatrice de l'établissement, Gülhan Kadim.

Remprunta de l’argent à un camarade et commençait à être inquiet quand il reçut une lettre de son oncle. Elle contenait deux mille francs. Maintenant l’étudiant est devenu un vieil et célèbre écrivain. Son cœur est resté jeune. Il s’arrête encore, tout ému, devant un paysage ou devant une femme.

Il en est du véritable amour comme de l'apparition des esprits: tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu. La Rochefoucauld. Victor Hugo. 53. Pour bien aimer une vivante, il faut l'aimer comme si elle devait mourir demain. Proverbe arabe.

André Fournel, speaker de l’Olympique de Marseille depuis 34 ans

Michel Montana, speaker du Paris Saint-Germain depuis 1998

Alain Rousseau, speaker du Stade rennais depuis 15 ans

Joffrey Dassonville, speaker de l’Olympique lyonnais depuis 2016

Depuis le début de la saison, les capacités des stades en France ont été limitées tantôt à 5000, tantôt à 1000 personnes, voire 0. Comment vous sentez-vous dans vos stades quasiment vides, qui sont habituellement les plus grosses affluences de Ligue 1 ?

François Vandewèghe (Lille) : Comme à la maison, mais avec un peu moins de visites de la famille ! Blague à part, bien sûr que ça fait bizarre, surtout avec la saison dernière qu'on a connue, l'ambiance était top. Alors oui, on s'en tirait bien avec 5000 et honnêtement, nos supporters ont fait le job. On sent qu'ils sont heureux d'être là, qu'ils mettent encore plus d'ambiance pour compenser les absents. Alors on se sent bien finalement, et pour tout dire, on est heureux d'y être nous aussi, d'être au « contact » des supporters, de voir notre équipe jouer, et de travailler tout simplement.

Villa de Meghan Markle et Harry : découvrez à quoi elle servait auparavant

  Villa de Meghan Markle et Harry : découvrez à quoi elle servait auparavant Depuis qu'ils se sont installés dans leur somptueuse demeure de Santa Barbara, Meghan Markle et Harry n'ont jamais été aussi heureux. Comme l'a révélé le Daily Mail, la maison du Duc et de la Duchesse du Sussex était autrefois utilisée pour des shootings photos et comme lieu de tournage de clips musicaux. En août dernier, Meghan et Harry ont posé leurs bagages à Montecito ! Le couple s'est installé dans une grande villa de Santa Barbara, après avoir passé plusieurs mois à Los Angeles, dans la propriété de leur ami le producteur Tyler Perry.

De quelle planète es-tu? J’entrevis aussitôt une lueur, dans le mystère de sa présence, et j’interrogeai brusquement Droit devant lui… Alors le petit prince remarqua gravement: — Ca ne fait rien, c ’ est tellement petit, chez moi! Et, avec un peu de mélancolie, peut-être, il ajouta

Nous achetons du riz, de la salade, de la viande, du fromage, deux cent cinquante grammes de beurre et des légumes. Vincent cherche une idée de cadeau pour le départ de sa collègue de bureau. Il ne la connaît pas bien, alors il demande à ses autres collègues.

Joffrey Dassonville (Lyon) : C’est à la fois assez étrange et finalement pas si choquant compte tenu de l'atmosphère dans laquelle on vit tous depuis 6 mois. J'ai l'impression qu'on s'est tous plus ou moins habitués à voir des lieux quasi vides. J'avais déjà animé un match à huis clos en Ligue des champions, donc je ne découvrais pas la configuration « stade vide ». Ça reste assez triste quoi qu'il en soit. On se remémore les matchs à presque 60 000 personnes avec nostalgie, comme si ça datait d'il y a 20 ans.

« Ça reste assez triste quoi qu'il en soit. On se remémore les matchs à presque 60 000 personnes avec nostalgie, comme si ça datait d'il y a 20 ans. »François Vandewèghe (Lille)
Alain Rousseau (Rennes) : Une chose a changé à la suite de la Covid : habituellement, j’animais en bord de pelouse, maintenant je ne peux plus. Je suis dans les tribunes, dans un endroit où il n’y a personne autour de moi. On n’a pas la possibilité d’être près des joueurs et du staff, on est dans notre petit coin. (Rires.)

Le conte de deux salles de bains de Vanessa Carlton

 Le conte de deux salles de bains de Vanessa Carlton © Photo: Nicole Franzen Sarah Sherman Samuel a révisé la salle de bains principale de Vanessa Carlton à New York, en supprimant un bidet à l'ancienne et un carrelage sombre pour faire de la place pour une baignoire profonde et une douche au sommet carrelage en marbre. «J'ai choisi le carreau de brique pour imiter la brique dans le reste de l'appartement, et j'ai fait une niche arquée géante qui imite les arches de la fenêtre du salon», explique le designer.

Un officier de l'armée de Napoléon 1er décrit dans une lettre son voyage en Italie. Un jour je voyageais en Calabre. C ' est un pays de gens qui, je crois, n'aiment personne, et surtout les Français. J'avais pour compagnon un jeune homme de vingt ans. Dans ces montagnes, les chemins sont rudes.

Chapitre V Une pièce de cinq francs qui tombe à terre fait du bruit. 44. Livre cinquième – À chasse noire, meute muette. Comme l'auberge Thénardier était dans cette partie du village qui est près de l'église, c ' était à la source du bois du côté de Chelles que Cosette devait aller puiser de l'eau.

Michel Montana (Paris) : C’est difficile. Au-delà d’être speaker, je suis aussi un supporter, un amateur du spectacle que peut représenter le foot au Parc des Princes. Et un spectacle donné devant personne... ça ne se voit jamais.

André Fournel (Marseille) : Je ne pensais pas connaître ce type de choses. J’ai connu des matchs à huis clos ou des rencontres hyper agitées avec interruption, mais se dire qu’on aura peut-être toute la saison ainsi, ça rend nerveux à force.

Comment garde-t-on son enthousiasme et son énergie en tant que speaker dans un stade quasiment vide ?

Charlee Moss (Lille) : On donne la même énergie qu'on soit à 1000, 5000 ou 50 000, parce qu'on se doit de montrer l'exemple. J'étais très impressionnée de voir à quel point les 5000 personnes présentes donnaient de la voix sur les trois premiers matchs à domicile depuis le début de la saison.

AF (OM) : J’essaie de garder un ton positif, tout en sachant que sur les moments clés comme la composition ou les buts, je n’aurai pas de réponse, ou que ça n’applaudira pas... Alors je fais abstraction du vide. J’ai de la chance, le stade Vélodrome exerce sur moi une fascination telle que j’ai parfois l’impression qu’il est plein. Et puis on met une bande son avec le public, ça aide à se mettre dans l’ambiance.

Colby Cosh: Lorsque Trudeau a tracé le trope `` feu dans un théâtre bondé '', il avait déjà perdu l'argument

 Colby Cosh: Lorsque Trudeau a tracé le trope `` feu dans un théâtre bondé '', il avait déjà perdu l'argument Mon collègue Chris Selley a publié lundi une colonne qui a reçu le titre, `` Watch Your Tongues 'Advice Is Offensive à plusieurs niveaux. Verdict: vrai! Selley a critiqué la réaction du Premier ministre face à la mise à mort de l'instituteur français Samuel Paty, qui avait discuté de la liberté d'expression dans une salle de classe et utilisé ces dessins animés (vous connaissez ceux-là) comme spécimen d'art controversé.

Il s’agissait d’un père de famille. C ’ est ce que l ’ on nous a dit au sujet de Samuel Paty, outre le fait qu’enseignant l’histoire, la géographie et l’éducation civique, est qu’il avait montré des caricatures de Mahomet à des élèves de collège pour illustrer son cours sur la liberté d’expression.

La troisième partie du test contrôle la capacité de poser toutes sortes de questions : avec inversion et avec le tour interrogatif « est-ce que ». Le quatrième exercice, qui vise à évaluer la connaissance des phénomènes grammaticaux ne figurant pas dans l’exercice 2, ce sont les questions à choix multiples.

FV (LOSC) : Mon enthousiasme est toujours au max quand il s'agit du LOSC ! On fait ce métier pour l'énergie qu'on donne et qu'on reçoit. Les supporters sont moins nombreux, mais ils sont là, et l'échange se fait naturellement même dans ces conditions.

AR (SRFC) : Je me dis que les 1 000 personnes qui sont venues ont la chance d’être présentes et il faut leur donner une animation qui leur permette d’applaudir, se lever, faire du bruit un maximum. On ne va pas changer l’animation, on va essayer de l’adapter par rapport à la configuration.

« Il faut non seulement penser au peu de supporters présents au stade, mais aussi à ceux qui peuvent entendre notre voix lors de la retransmission télévisée, et pour qui je me dis que je dois rester le garant de l’ambiance au Parc. »Michel Montana (PSG)
MM (PSG) : Il faut non seulement penser au peu de supporters présents au stade, mais aussi à ceux qui peuvent entendre notre voix lors de la retransmission télévisée, et pour qui je me dis que je dois rester le garant de l’ambiance au Parc. Mais je ne peux pas y mettre autant d’emphase. Là où je faisais répéter trois fois le nom du buteur, là je ne le fais qu’une fois. Ça fait bizarre de pousser alors qu’il n’y a personne. On pense aussi aux joueurs : ils sont attachés à entendre une voix dans leur stade, quel que soit le stade, et qu’on scande leur nom quand il y a un but.

Le grand metteur en scène et directeur de théâtre Jean-Pierre Vincent est mort

  Le grand metteur en scène et directeur de théâtre Jean-Pierre Vincent est mort Il avait commencé le théâtre au lycée, avec Patrice Chéreau et Jérôme Deschamps, pour devenir un des grands directeurs de théâtre en France. Le metteur en scène Jean-Pierre Vincent est mort mercredi 4 novembre à l'âge de 78 ans.Le metteur en scène Jean-Pierre Vincent, un des plus grands noms du théâtre français, ancien directeur du Théâtre national de Strasbourg et des Amandiers de Nanterre, ancien compagnon de route de Patrice Chéreau, est mort dans la nuit du mercredi 4 novembre à l'âge de 78 ans, a annoncé sa famille. Il défendait un théâtre qui "ne laisse pas les gens intacts, qui les laisse augmentés de pensée, d'humanité".

JD (OL) : C'est plus facile que je ne le pensais, finalement. Et surtout, il y a une vraie différence entre match à huis clos et match à 1000 personnes, mêmes perdues dans un stade 60 fois plus grand. Sur OL-OM, j'ai mis le même enthousiasme sur les buts que lorsque le stade est plein. D'abord parce que c'est mon métier et ensuite parce qu'entendre derrière soi quelques dizaines ou centaines de personnes crier et nous répondre, ça porte naturellement.

Alain Rousseau, speaker du Stade Rennais, en train d'acheter une piscine.

Avez-vous adapté votre comportement à cette nouvelle affluence et si oui, comment ?

MM (PSG) : On est obligé d’adapter le ton. Si on garde la même puissance, on se trouve vite décalé par rapport à l’ambiance générale. Il faut arriver à bien intégrer ça et réduire la puissance. On devient un présentateur « lambda » : en télé ou en radio, vous n’allez pas monter dans les tours. Du coup, on ne peut pas parler fort dans le micro. Il faut trouver le bon ton, je ne sais même pas si je l’ai trouvé encore. (Rires.)

« Perso, je ne change rien à mes habitudes. Ce n'est pas parce que la capacité de notre stade est divisée par 50 que la qualité de ma prestation doit l'être elle aussi. »François Vandewèghe (Lille)
CM (LOSC) : Le seul comportement que j'ai dû adapter, c'est l'impossibilité de saluer les supporters comme avant, de pouvoir prendre des selfies sans distanciation, de ne plus pouvoir faire des high five avec eux. Et puis le fait de porter le masque : même si c'est indispensable, c'est compliqué pour reprendre sa respiration lorsqu'on parle dans le micro.

Tilda Swinton à 60 ans: ses 10 meilleurs films

 Tilda Swinton à 60 ans: ses 10 meilleurs films NEW YORK (AP) - James Corden n'est peut-être pas autorisé dans un théâtre ces jours-ci, mais il y a toujours un moyen de rire avec lui sur scène. Lea Salonga n'est pas autorisée à chanter devant une foule pour le moment, mais il y a toujours un moyen d'entendre sa magnifique voix.

AR (SRFC) : On a beaucoup d’informations liées à la Covid à donner aux gens, à rappeler... Sur le reste, bien sûr, on ne fait pas d’interview bord de terrain, on n’a pas d’invité, personne ne donne le coup d’envoi... c’est un peu plus light. Mais on garde l’un de nos principes fondamentaux qui est de faire le Bro Gozh Ma Zadoù, qui est l’hymne de la Bretagne. Là, on demande à ce que les 1 000 personnes présentes se lèvent, sortent les écharpes... c’est dans l’ADN du club.

FV (LOSC) : Perso, je ne change rien à mes habitudes. Ce n'est pas parce que la capacité de notre stade est divisée par 50 que la qualité de ma prestation doit l'être elle aussi. Je pars du principe que ceux qui ont la chance d'être là méritent la meilleure animation possible, peu importe le contexte, et peut-être même davantage dans celui-ci... Pour l'anecdote, pour « mon » 1er but de la saison lors du dernier match de préparation contre Brest, je n'ai fait répéter aux supporters que 3 fois le nom du joueur contre 5 habituellement. Et j'ai senti que les supporters en voulaient plus. Cela m'a conforté dans mon envie de tout donner !

JD (OL) : À huis clos, on est plus neutre. Mais dès qu'il y a au moins un spectateur, il est naturel de tout donner. Dans le discours, je joue sur l'importance de donner encore plus de soi à 1 000 qu'à 60 000, pour atténuer le handicap que représente l'absence des kops en ce moment.

Est-ce que vous avez gardé des réflexes de « stade plein » ? Par exemple, lancer des perches au public en attendant des réponses, lors de l'annonce des compositions ou quand il y a des buts...

CM (LOSC) : Oui, totalement, et ils nous répondent ! Je pense que les supporters présents sont conscients d'être « privilégiés » par rapport à tous ceux qui aimeraient aussi venir au stade supporter leur équipe. Du coup, ils sont très engagés.

FV (LOSC) : Le protocole et notre façon de faire ne changent pas, ou alors en mieux. Nous avons fait évoluer notre manière d'annoncer la compo de l'équipe, c’est plus dynamique qu'avant et nous n'avons pas attendu la levée des restrictions pour cela. Charlee et moi, nous nous devons d'être encore plus enthousiasmants pour pousser les supporters « moins actifs » à chanter et à encourager notre équipe. Donc pour ce qui est de la compo et des buts, oui je laisse toujours nos supporters exulter en criant le nom des joueurs, et c'est bluffant, car même à 5000, ça envoie grâce à eux.

Disparition. Jean-Pierre Vincent a baissé le rideau

  Disparition. Jean-Pierre Vincent a baissé le rideau Comme son ami Patrice Chéreau, ce metteur en scène avait dépoussiéré le théâtre français. Il est décédé à 78 ans. Il avait eu la Covid au printemps. Plus d’une centaine de pièces montées, la direction du Théâtre national de Strasbourg, de la Comédie française, du Théâtre des amandiers de Nanterre, tout en étant professeur au Conservatoire de Paris, Jean-Pierre Vincent était devenu l’un des patrons du théâtre français. Il est décédé, dans la nuit de mercredi 4 à jeudi 5 novembre en Provence. Il avait contracté le Covid au printemps puis enchaîné plusieurs AVC.

AF (OM) : Personnellement, j’ai tenté de le faire au premier match et j’ai bien compris que c’était inutile. Du coup, sur le match d’après, on a invité des enfants qui reprenaient le nom du joueur lors de la composition, c’était plutôt sympa !

AR (SRFC) : Sur les buts, je mets toujours la même intensité. Là, j’oublie qu’il y a seulement 1 000 personnes. (Rires.) À la fin du match aussi, si Rennes l’emporte. Mais on est vite rattrapé par l’ambiance silencieuse du stade.

MM (PSG) : C’est vrai que des habitudes restent, notamment sur l’annonce de la composition, mais j’ai réduit un petit peu parce que j’ai quand même dit le nom du joueur, là où d’habitude je ne le dis même pas. Je me suis rendu compte que je laissais trop d’espace. D’ailleurs au dernier match, dans mon oreillette, l’un des responsables de la régie m’a dit de faire plus court.

Est-ce que vous vous sentez plus proche du peu de supporters présents au stade ou, au contraire, est-ce plus facile de communiquer avec un stade plein ?

AF (OM) : Il n’y a aucune commune mesure avec un stade plein, d’autant qu’on a depuis la saison dernière l’une des meilleures sonos en Europe. On a une Ferrari qu’on utilise comme une trottinette malheureusement, mais il faut faire avec pour l’instant.

AR (SRFC) : On ne se sent pas plus proche, non. On est plus écouté par 1000 personnes que par 30 000, mais c’est plus difficile pour que le public vous suive. Il arrive à nous suivre, mais l’intensité sonore est beaucoup plus faible.

MM (PSG) : On se sent plus seul, c’est sûr. Je ne peux pas vraiment faire ce que je veux, et l’ambiance est un peu lunaire, quoi. Notre métier, c’est de parler à beaucoup de gens, et là, ça fait bizarre. Surtout que quand la jauge est à 1000, les gens sont éloignés les uns des autres, et parmi ces 1000, plusieurs centaines travaillent au Parc, ils ne sont pas là pour supporter le club.

CM (LOSC) : Un stade plein, même si tout le monde ne répond pas, c'est plus « impersonnel », car la foule fait que tout le monde ne se sent pas forcément concerné et impliqué par ce que l'on peut dire. Le fait d'être moins nombreux rend l'exercice beaucoup plus « intime ». Chaque personne se sent concernée lorsqu'on lui adresse la parole. Pour avoir fait dans ma carrière des stades combles et des petites salles beaucoup moins nombreuses, c'est tout à fait normal.

« Je trouve plus facile d'interagir avec un stade plein, il y a un effet foule très intéressant quand on décide, à quelques minutes du coup d'envoi par exemple, de faire monter un peu la température pour que tout le monde soit prêt dès l'entrée des joueurs. »Joffrey Dassonville (Lyon)
FV (LOSC) : C'est vrai qu'on peut ressentir parfois une certaine proximité, une complicité un peu différente d'avant. Ce côté « privilège » d'être au stade et de représenter tous ceux qui ne peuvent pas être là. Rien ne remplacera jamais un stade plein, c'est évident. Les frissons, ce côté électrique des gros matchs, les tifos, ce qui fait les grands rendez-vous de notre sport, c'est le public qui les fait, pas seulement les équipes ou les organisateurs. Prenons l'exemple du match de dimanche qu'on attend depuis bientôt 2000 jours (l’interview a été réalisée avant Lille-Lens, N.D.L.R.), avec cette jauge à 1000. Là, ça va faire bizarre. Nous aurons un kop, c'est déjà super, et je sais qu'on peut compter sur eux pour tout donner, mais bien sûr que ça sera étrange de ne s'adresser qu'à une seule tribune.

JD (OL) : Je trouve plus facile d'interagir avec un stade plein, il y a un effet foule très intéressant quand on décide, à quelques minutes du coup d'envoi par exemple, de faire monter un peu la température pour que tout le monde soit prêt dès l'entrée des joueurs. Je sens que les supporters osent moins lorsqu'ils se sentent un peu seuls dans le stade. En ce sens, il y a moins de « dialogue » entre eux et moi.

Pour certains d’entre vous, cette semaine a marqué le début de la saison européenne. Comment appréhendez-vous ces rendez-vous dans des conditions si particulières ?

« Rennes est en tête de la Ligue 1 depuis plusieurs journées, va commencer la LDC, et c’est là où le stade va être le plus vide. Le club est au plus haut, et c’est là où il y a le moins de monde ! Je n’ai qu’un mot, c’est frustration. »Alain Rousseau (Rennes)
AR (SRFC) : C’est ce qui est frustrant pour moi, pour le public, pour tout le monde : Rennes est en tête de la Ligue 1 depuis plusieurs journées, va commencer la LDC, et c’est là où le stade va être le plus vide. Le club est au plus haut, et c’est là où il y a le moins de monde ! Je n’ai qu’un mot, c’est frustration. Le stade devrait être à 30 000 à chaque match, avec des tifos du RCK. Rien qu’entendre la musique de la LDC dans le stade devrait être un truc énorme. On a l’impression d’assister à des matchs amicaux de présentation de début de saison.

CM (LOSC) : Il est évident que c'est frustrant de se dire que ces matchs auront lieu avec un stade quasi vide. Toutes les équipes qui jouent l'Europe doivent ressentir la même frustration que nous. Nous aimerions tellement pouvoir les accueillir avec un stade plein, rouge et rempli de supporters qui chantent.

FV (LOSC) : C'est regrettable. Surtout quand tu as connu les ambiances de la saison dernière. Le club fait tout ce qui est possible de faire pour permettre aux supporters de vivre ce genre de rendez-vous d'une autre manière, grâce à nos réseaux sociaux notamment. Je n'ai aucun doute sur le fait que les supporters vivront ces rendez-vous du mieux possible.

AF (OM) : En tant que seul speaker de France à avoir annoncé « voici les champions d’Europe », je suis toujours ravi de retrouver ce doux parfum. Et puis même si « Jump » est incomparable, il faut avouer que la musique de la Ligue des champions, ça fait dresser les poils ! Non ?

Crédit photo : Zoé Jeulin (@jln_zoe)

Avez-vous le sentiment de vous sentir moins utile dans le stade, ou avez-vous peur que ce soit le cas si la situation venait à se prolonger indéfiniment ?

CM (LOSC) : Nous devons malheureusement batailler pour justifier notre présence. Il est pourtant indispensable d'avoir quelqu'un au micro pour, au minimum, le protocole et les messages de sécurité. Mais il est évident que ce n'est pas le même job s'il n'y a vraiment aucun supporter présent, et donc aucune animation. Cette période est très difficile moralement pour les gens qui officient dans le domaine du spectacle tout au long de l'année. Nous sommes totalement lésés, sans travail et cela pourrait devenir très dangereux si la situation venait à se prolonger. J'espère que le jour où nous pourrons nous réunir à nouveau, nous serons conscients de cette chance, et que la joie de pouvoir se réunir se ressentira et fera exploser l'ambiance !

MM (PSG) : C’est sûr qu’on se sent moins utile. Personnellement, ce qui me fait vibrer, c’est le lien avec le public. Donc là, je vais reprendre la même image qu’au début : c’est comme si je présentais une pièce devant une salle vide. Je suis content de présenter la pièce, les comédiens sont formidables, j’ai envie de dire « ne loupez pas une miette de la représentation », sauf que les gens ne sont pas dans la salle.

AF (OM) : Je pense qu’une voix dans un stade n’est jamais inutile. Elle rassure, même si on est peu nombreux.

FV (LOSC) : Je suis persuadé que les joueurs, les staffs en ont besoin pour être dans le match. Enlevez-ça et vous avez l'impression d'être au 3e tour de la Coupe de France. Et là, je ne fais pas la compo, je joue le match. (Rires.)

« Demandez à Max le speaker de l’équipe de France, la façon dont il a géré les attentats du 13 novembre 2015 devrait être saluée. Il a su éviter une panique générale malgré des consignes anxiogènes et des infos parcourant les tribunes à l'heure des réseaux sociaux. C'est ce qu'on demande à un animateur professionnel. »Joffrey Dassonville (Lyon)
AR (SRFC) : On est la voix du stade, la voix du club. C’est important qu’on soit là, même pour les matchs à huis clos. Je considère que je fais le même job, sans l’enthousiasme du public derrière. Entre speakers, on échange beaucoup en ce moment sur le fait que, même s’il y a des matchs à capacité réduite ou à huis clos, il faut être présent et défendre notre profession.

JD (OL) : Personnellement, je ne me sens pas moins utile, parce que j'ai toujours considéré le speaker dans un stade comme un élément à part entière du spectacle. Le speaker n'est pas seulement là pour chauffer le public, c'est aussi une signature sonore du club à la télévision, pour les joueurs, les journalistes... Je pense que c'est aussi ce qui permet de donner un côté officiel à une rencontre. C'est important d'avoir une voix familière. Demandez à Max le speaker de l’équipe de France, la façon dont il a géré les attentats du 13 novembre 2015 devrait être saluée. Il a su éviter une panique générale malgré des consignes anxiogènes et des infos parcourant les tribunes à l'heure des réseaux sociaux. C'est ce qu'on demande à un animateur professionnel. En ça, je pense qu'il est utile d'avoir un speaker sur tous les matchs officiels, quelle que soit la jauge. C'est aussi un combat que mène l'ASMC (l’Association des speakers et maîtres de cérémonie, N.D.L.R.), dont je fais partie, et qui regroupe la plupart des speakers professionnels de chaque sport. Quoi qu'il en soit, c'est un métier passion, et nous espérons tous le retour du public au plus vite pour vibrer à nouveau, s'adresser à des supporters reste le cœur de notre métier.

Disparition. Jean-Pierre Vincent a baissé le rideau .
Comme son ami Patrice Chéreau, ce metteur en scène avait dépoussiéré le théâtre français. Il est décédé à 78 ans. Il avait eu la Covid au printemps. Plus d’une centaine de pièces montées, la direction du Théâtre national de Strasbourg, de la Comédie française, du Théâtre des amandiers de Nanterre, tout en étant professeur au Conservatoire de Paris, Jean-Pierre Vincent était devenu l’un des patrons du théâtre français. Il est décédé, dans la nuit de mercredi 4 à jeudi 5 novembre en Provence. Il avait contracté le Covid au printemps puis enchaîné plusieurs AVC.

usr: 2
C'est intéressant!